First Luxe

April 2026
Frédérique de Granvilliers

PAD Paris 2026 : L’Envol Solaire de la Galerie Gaïa & Romeo

Sous les tentes blanches du PAD Paris au Jardin des Tuileries au cœur de Paris, l’effervescence est palpable. Mais au stand de la Galerie Gaïa & Romeo, le temps semble avoir pris une autre texture : celle, granuleuse et vibrante, de la terre cuite. Pour cette édition 2026, la jeune galerie cofondée par Frédéric Cassin et sa filleule Antoinette Monnier frappe fort en consacrant son espace à l’âge d’or de la céramique italienne des années 1950 à 1970.

 

Un héritage en mouvement

L’histoire de Gaïa & Romeo est d’abord celle d’une transmission. Après avoir bâti une collection de référence pendant plus de vingt ans et orchestré une vente historique chez Christie’s en 2024, Frédéric Cassin ne se contente plus de conserver : il veut faire circuler. Le nom même de la galerie, clin d’œil à ses petits-enfants, unit la terre originelle (Gaïa) à un imaginaire méditerranéen solaire.

 

« La céramique n’est pas un art mineur ou décoratif, c’est un langage sculptural à part entière, » semble clamer chaque pièce exposée. Ici, le « Made in Italy » n’est pas une étiquette, mais une philosophie du geste et de la liberté retrouvée après-guerre.

 

La conquête du monumental

L’exposition impressionne par son audace spatiale. Loin des bibelots de cheminée, la sélection de 27 œuvres explore la dimension architecturale du médium. Les figures de proue à découvrir sur le stand :

Guido Gambone : Le poète de la couleur et de l’héritage amalfitain.

Salvatore Meli : L’alchimiste sicilien qui marie archaïsme et modernité, impose son génie avec un panneau mural colossal et une sculpture dépassant le mètre de large.

Carlo Zauli : Le maître de l’école de Faenza nous plonge dans une abstraction cubiste avec une œuvre murale de plus d’un mètre vingt.

Nino Caruso : Le visionnaire qui a transformé la céramique en module architectural.

 

Tradition italienne et écrin digital

La véritable prouesse de Gaïa & Romeo réside dans son dialogue entre les époques. Si les œuvres célèbrent le génie de Guido Gambone, Lino Bersani ou Nino Caruso, la mise en scène, elle, appartient résolument au XXIe siècle.

La galerie propose une expérience digitale immersive. Grâce à des dispositifs de projection et une scénographie pensée comme un outil de narration, les émaux profonds et les volumes amples de l’après-guerre retrouvent une résonance contemporaine immédiate. Ce n’est plus une exposition de vestiges, mais une rencontre vibrante avec une modernité qui n’a pas pris une ride.

 

Une étape indispensable pour tout collectionneur ou amateur de design souhaitant comprendre pourquoi l’Italie reste, encore aujourd’hui, le cœur battant des arts du feu.